




Marie-Christine Lambert-Aruffe
Le travail pictural se fait à partir du noir, une couche de peinture recouvre tout d’abord la surface entière de la toile. Il s’agit ensuite d’un travail d’archéologue, fouiller, creuser dans ce noir pour retrouver lumière et profondeur.
Ce processus, inversion du geste classique qui consiste à ajouter, s’il permet de mettre en forme, est tout de même en premier lieu effacement, dilution et perte.
Le cheminement vers la forme ne se fait jamais complètement. Chargée de la matière de la toile, la représentation est marquée d’instabilité, comme le souvenir est infiltré par l’oubli, comme la perception cherche en vain à circonscrire le réel, faisant osciller la représentation entre figuration et abstraction.
C’est à cette suspension entre deux états du monde que ces images prises entre apparition et disparition nous invitent.


